Trop d’information tue l’information


En discutant avec des compatriotes, je me rends de plus en plus compte du décalage total de certaines personnes face à la réalité algérienne. Beaucoup d’entre eux ne savent pas ce qui se passe autour d’eux ni ne cherchent à le savoir. D’autres se contentent d’attendre que l’information leur soit livrée sur un plateau et par ce fait n’ont que très peu sinon aucun recul sur sa véracité.

Ce phénomène n’est évidemment pas limité à l’Algérie mais semble être international. Il est probablement dû à la profusion de sources d’information et à la passivité que la télé, le média lourd le plus puissant encore de nos jours, a créé chez les citoyens du monde depuis plus de 50 ans. Cette facilité a engendré un nouveau comportement: nous ne cherchons plus l’information, c’est elle qui vient vers nous. On ne vérifie même pas sa véracité, on fait confiance. Rappelons-nous le plus gros mensonge de la dernière décennie gobé comme une lettre à la poste par les populations des pays « démocratiques », à savoir le mythe des armes de destruction massive de l’Irak. Un mensonge qui a quand-même amené à une guerre dont le peuple irakien paie encore le prix cher. Rappelons-nous aussi la propagande féroce que les républicains et les Tea Party ont déclarée contre la loi sur la sécurité sociale aux Etats-Unis. Je vais même vous dire la dernière trouvaille américaine en termes de désinformation: Le lobby du charbon qui affirme que les éoliennes risquent de faire sortir la terre de son orbite.

Certains diront que le cas algérien est particulier puisque l’accès à la principale source d’information de nos jours, à savoir Internet, reste très limité, y compris par rapport aux pays voisins. Je pense que c’est faux, sinon comment expliquer que les algériens d’il y a 50 ans étaient informés sur la situation du pays, malgré l’absence d’Internet, malgré l’absence de la télé et le fait que rares étaient ceux à posséder une radio. La différence est, selon moi, le fait que dans le temps les gens cherchaient après l’information et que celle-ci était bien plus rare.

L’autre phénomène que je note, est la non vérification de l’information. Un phénomène particulièrement présent sur les réseaux sociaux, où il est plus simple de désinformer que d’informer, où l’information importante passe inaperçue puisque noyée dans un flot de bêtises et de débats stériles. Cette pratique est facilement observable par le nombre de légendes urbaines qui pullulent encore sur ces réseaux. Pourtant, il n’en faut pas beaucoup pour vérifier certaines affirmations, puisqu’il suffit de faire un copier/coller sur un moteur de recherche et de tomber sur un démenti ou une confirmation.

Internet est un outil formidable, mais à double tranchant. Il nous facilite l’accès à l’information, mais peut nous induire aussi facilement en erreur si nous ne faisons pas attention et si nous n’accompagnons pas à l’info un sens critique et un réflexe d’approfondissement de la recherche.

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