Le citoyen algérien est-il un « alien » !


J’ai écouté dernièrement le témoignage d’un dz Youtuber suite à sa rencontre avec un colonel du DRS. Globalement, je n’ai pas été surpris ni par les propos de cet homme ni par le ton qu’il semble avoir tenu tout au long de l’entrevue. Avec l’autoritarisme que l’on connaît de cette institution militaire, il a parlé d’enjeux stratégiques, de la fragilité de la région et des vues néo-coloniales des puissances occidentales sur les pays du sud de la méditerranée. Et pourtant, ce monsieur a quand-même réussi à m’étonner par quelques unes de ses déclarations et des messages qu’il a voulu faire passer par la sphère Dz Youtube. Ce message en résumé est celui-là : « nous n’hésiterons pas à tuer le peuple deux fois par amour de la nation, y compris les enfants, le peuple ne connait pas l’intérêt de la nation, nous, si ».

Nous savons tous que le rôle d’une armée est de préserver la souveraineté de la nation ainsi que l’intégrité de son territoire, c’est le cas dans tous les pays du monde. Jusque là rien d’anormal. Mais, c’est sur le contenu de cette « Nation », sur sa définition qu’il y a problème. Ce responsable semble faire la distinction entre le pays, la nation et ses citoyens. Et c’est là où j’avoue être largué. Je croyais qu’un pays n’était pas juste un morceau de terre délimité par des frontières. Je croyais naïvement qu’un pays comprenait aussi des citoyens. Je pensais donc que la protection des citoyens faisait parti des priorités d’une armée nationale. Mais là, en séparant les ressortissants de leurs pays, j’ai comme l’impression que le citoyen algérien est de trop, et qu’il ne fait pas partie de l’équation. Je me suis senti tout à coup étranger dans mon propre pays.

Chez les grandes puissances le rôle de l’armée est le maintien de l’intégrité territoriale, de la souveraineté et la protection de la population civile. Dans ces pays, l’état fait tout pour protéger ses citoyens. Nous voyons souvent dans la presse comment des pays comme les Etats-Unis ou la France utilisent tous les moyens pour cela, jusqu’à intervenir militairement dans les contrées les plus lointaines, pour protéger une délégation diplomatique ou libérer des otages (travailleurs expatriés, journalistes, touristes, etc.).

Je n’arrive toujours pas à comprendre quel est l’intérêt de protéger un bout de terre sans se soucier des êtres humains qui y sont nés, qui y ont grandit et qui y vivent, qui font, par leur travail et leurs sacrifices la nation et sa gloire. Tant d’hommes et de femmes, de vieux, de jeunes se sont battus et ont versé leur sang pour l’Algérie. Ils l’ont fait non seulement pour la terre et le drapeau, mais aussi pour que les algériens puissent vivre libres, dignes, et avec l’espoir de lendemains meilleurs.

Cette façon de résumer un pays à des frontières, et le paquet de ressources monnayables qui vient avec, explique à mon sens bien des agissements du régime actuel, qui semble bel et bien nous voir, nous le peuple, plus comme un aléa, une contrainte à gérer parallèlement à la gestion de la vache laitière qu’est devenu l’Algérie. Une vache laitière qui leur appartient apparemment, et si jamais cette possession venait à être menacée, le sacrifice de tout un peuple ne serait pas à exclure. Pourtant, l’Histoire aurait dû apprendre à ces « maîtres » des lieux, que les peuples sont la nation, qu’eux restent et que tout le reste est éphémère.

D’ici là, ma pensée va aux marins algériens détenus par des pirates en Somalie depuis le mois de janvier 2011.

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