Le « mot » est-il la solution ?


Beaucoup d’algériens sont d’accord pour dire que le système actuel a mis le pays en faillite, à tous les niveaux :

  • Faillite économique (n’allez pas me dire que les caisses sont pleines, car, premièrement, on en a aucune preuve, et deuxièmement, l’économie algérienne est inexistante, tout est basé sur l’informel),

    Quelle définition prendre ?

  • Faillite éducative (le système éducatif algérien est au bord de l’agonie),
  • Faillite sociale, avec des familles de plus en plus disloquées, la grande difficulté pour les jeunes de fonder, dans l’intimité et la décence leur propre foyer et la diminution de la cohésion et de la solidarité sociale,
  • Faillite judiciaire (la justice a été remplacée par « al maarifa » ou piston, et « chippa » ou le pot-de-vin),
  • Faillite politique, puisque le pouvoir n’a aucun vrai plan de développement pour l’Algérie mais juste une panoplie de « mesurettes » de colmatage et des projets factices qui ne voient que rarement le jour (métro) ou disparaissent aussi rapidement qu’ils apparaissent (autoroutes dégradées par les pluies, usines fermées ou usines écrans pour blanchiment d’argent).

Là ou tout le monde (ou presque) est d’accord sur la maladie, chacun va de sa solution pour trouver le remède. Et je me trouve de plus en plus interpelé par l’utilisation parfois abusive des mots. Beaucoup de gens sortent des mots (surement entendu ailleurs, souvent dans des chaines de télé étrangères) et les brandissent comme solution miracle pour sortir l’Algérie de la crise.
Parmi les mots les plus cités, nous retrouvons: Islam, Laïcité, Autonomie, Fédéralisme… Beaucoup utilisent ces mots, mais peu argumentent ou donnent des détails. Prenons quelques exemples:

Laïcité:
Personnellement, je ne suis ni pour ni contre ce mot. Ce qui me dérange, c’est le manque d’argumentation autour de ce mot. D’abord, si je pose la question: « Qu’est ce que la laïcité? », on me renvoie souvent au dictionnaire ou à la page Wikipedia qui définit ce mot. Mais entre une définition tirée d’un dictionnaire, et la réalité, il peut y avoir beaucoup de différences. Si on reste sur la page Wikipedia, on remarque que si la définition est unique, son application est différente pour chaque pays se disant laïc, et son historique tout autant. Le modèle français, proximité géographique et historique oblige, est souvent pris comme exemple, d’ailleurs, on dit souvent laïcité à la française. Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la laïcité en France a été introduite suite à un contexte historique particulier (église se mêlant des affaires politiques, et la guerre de religions entre catholiques et protestants, affaire Dreyfus et la montée de l’antisémitisme à la fin du 19ème siècle). Et même si la France est prise comme exemple, on oublie souvent qu’elle applique quand-même des exceptions comme en Alsace/Moselle.

Si beaucoup de gens pensent que la laïcité et la liberté sont la même chose, la réalité est que ces deux concepts ne sont pas toujours venus ensemble. En Turquie et en Tunisie, la laïcité a été imposée de force, dans la violence et la dictature.  En Turquie, il a fallu l’arrivée d’un parti dit « islamiste » pour que le pays retrouve un semblant de liberté et de développement.

Fédéralisme:
Comme pour la laïcité, le fédéralisme (souvent lié à l’autonomie) est un l’un des sujets polémiques. Il est polémique parce que beaucoup confondent autonomie et indépendance. De mon coté, je ne suis pas cette polémique, mais je vais plutôt m’attarder un peu sur les arguments (ou non-arguments) liés à l’autonomie. Ceux qui prônent un état fédéral ne se posent pas toutes les questions: les frontières régionales, les prérogatives de chaque région, les finances, et surtout la question des ressources (est ce que les régions du sud auront tout le monopole sur le pétrole et le gaz ? quelles seront les ressources des régions sans ressources naturelles, si c’est l’endettement international est-ce que c’est la région qui est endettée ou est-ce le pays ?). Beaucoup de questions auxquelles on ne me répond pas. On se contente de me rappeler les spécificités culturelles. Personnellement, je trouve dommage, qu’à l’heure de la mondialisation, nous pensons encore à baser une politique sur des spécificités culturelles qui restent à définir. Pour terminer, et même si on arrive à trouver des réponses, le risque de séparatisme (exemple de la catalogne en Espagne ou la Flandre en Belgique) et d’ethnicisation (exemple libanais) ne fera qu’augmenter.

Pour finir, je ne suis pas contre le débat, mais au lieu d’utiliser des mots et des concepts dont on ne maitrise ni le contenu ni l’historique, je serais plutôt pour des choix plus réfléchis, plus argumentés et surtout plus en adéquation avec l’aspiration du peuple Algérien, le débat n’en sera que plus riche

Publicités

One Response to Le « mot » est-il la solution ?

  1. Ping: La démocratie sur Facebook « Algeria Justitia جزائر العدالة

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s