La non-révolution sur Facebook


Ces derniers temps, on nous a pas mal parlé du rôle de Facebook et Twitter dans les révolutions tunisienne et égyptienne. Quand je dit « on », je parle principalement des médias. Bien que n’ayant jamais fait confiance à Facebook, j’ai décidé de m’y mettre et de comprendre un peu l’impact de ce réseau social. Est-il vraiment le nouvel outil des révolutionnaires ?

J’ai commencé alors à chercher les groupes algériens, puisqu’il s’agit de mon pays. Je voulais savoir s’il était vraiment possible de faire une révolution en Algérie à l’aide de Facebook.

J’avoue que je suis resté sur ma faim. Même s’il existe des dizaines de groupes et de pages avec plus ou moins d’importance et qui ont comme objectif le changement du régime, une bonne partie d’entre eux, si ce n’est tous, n’ont pas la maturité que j’attendais.

En essayant de faire le parallèle entre les révolutions tunisienne/égyptienne et une probable révolution en Algérie, je me suis rendu compte que les trois scénarios étaient complètement différents. Le seul point commun est chronologique; les égyptiens ont profité du succès des tunisiens pour galvaniser leurs troupes. Les algériens aussi peuvent en profiter.

Les tunisiens et les égyptiens avaient une conscience que les algériens n’ont pas. En Tunisie, il y avait beaucoup de blogueurs qui étaient suivis par une bonne partie de la population, surtout les jeunes. Il y avait un syndicat autonome et puissant (l’UGTT). En Égypte, plusieurs mouvements politisés (Kifaya, 6th abril, soutien d’El Baradei…) impliquant pour la plus part des jeunes (étudiants et cadres) étaient actifs depuis quelques années sur le terrain et dénonçaient le régime Moubarak et le Parti au pouvoir. Dans les deux cas, Facebook était utiliser pour consolider une activité sur le terrain.

En Algérie, à moins de me tromper, on n’est pas encore arrivé à ce niveau de maturité. Sur le terrain, il n’y a pas grand chose, sauf des parties politiques qui ont perdu toute crédibilité, et des mouvements étudiants qui se cherchent. Sur Facebook, certains groupes ont comme but d’avoir le plus grand nombre d’adhérents, sans qu’il y ait de discussions de fond ou même sur des revendications claires. Pour certains, il suffit d’avoir 10000 membre et facebook fera le reste.

Encore une fois, ce n’est pas Facebook qui fait la révolution, mais des Hommes et des Femmes déterminés et convaincus de leur cause. A bon entendeur !!!

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2 Responses to La non-révolution sur Facebook

  1. cherrad says:

    Non, je n’appellerai pas ceci une non-révolution, mais ce sont là les PREMICES D’UNE REVOLUTION : en effet c’est la première fois qu’on assiste au pays à des mouvements de contestation aussi nombreux, gagnant chaque jour, mais chaque jour des secteurs de divers horizons : Universités, grandes écoles, mairies et autres administrations, chômeurs, santé, entreprises etc….
    Ce qui reste à remarquer c’est qu’effectivement là où se trouve une grande concentration de jeunes et moins jeunes ayant accès à un ordinateur et donc éventuellement à internet LA PRISE DE CONSCIENCE s’est faite plus rapidement et plus largement : donc là les réseaux sociaux se sont avérés d’un grand apport dans cette prise de conscience. Tant mieux !
    Mais nous constatons en même temps que ces actions de protestations restent EMIETEES, c’est-à-dire qu’elles ne mènent pas encore A UNE ACTION CONCERTEE D’ENVERGURE telle que celles qui ont eu lieu en Tunisie et en Egypte ! C’est donc là, dans ce sens qu’il faut agir : Comment amener les autres constituantes de la société –corps enseignant toutes catégories confondues, les professions libérales, les entrepreneurs auxquels on a mis les bâtons dans les roues, aussi une certaine catégorie de policiers et d’éléments de l’armée- A PRENDRE POSITION.
    LA CLASSE MOYENNE, qui classiquement est porteuse de changements – force est de le constater – est apparemment SI LAMINEE qu’elle n’arrive plus à assumer son rôle historique : elle constitue actuellement LE VENTRE MOU de la contestation et elle englobe des 35 – 50 ans qui ont subi de plein fouet le traumatisme de la décennie noire, c’est généralement ceux et celles qui après des années de galère ont fini par obtenir un travail, un logement, une voiture à crédit, un minimum de vie décente et ENCORE PAS TOUJOURS PAR UN MOYEN DES PLUS LEGAUX, MAIS LA N’EST PAS LE PROBLEME, BIEN SUR !
    La tâche – énorme certes – reste de convaincre tout ce beau monde qu’un CHANGEMENT RADICAL DE GOUVERNANCE NE PEUT PAS SIGNIFIER LA PERTE DE CES MAIGRES PRIVILEGES QUE NOUS EVOQUONS PLUS HAUT, mais un avenir de justice, de garantie d’une formation de qualité et donc de l’emploi pour eux et pour leurs enfants, d’une meilleure distribution des richesses du pays, des droits à une santé de qualité pour eux et les leurs. ILS NE VERRONT PLUS UN PREMIER MINISTRE EFFECTUER DES PONCTIONS SUR LEUR SALAIRE SANS LES CONSULTER, AVANÇANT QUE LES CAISSES DE L’ETAT SONT VIDES ET LES HUMILIANT PROFONDEMENT EN LEUR FAISANT FAIRE DES CHAINES DE JOURNEES ENTIERES DEVANT LES TRESORS POUR RECUPERER CETTE PONCTION !!!!!!

  2. abdel says:

    visitez cette page, c’est le meilleur groupe algerien sur facebook et sur le terrain, c’est l’avenir de l’algerie.

    http://www.facebook.com/home.php?sk=group_201651896516726&ap=1

    voila le vrai travail:

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